Le cuir marocain
Au Maroc, le traitement du cuir est une industrie millénaire. Depuis le 12ème siècle, ce métier exclusivement manuel est transmis de père en fils. Chaque ville est spécialisée dans un type de production particulier: par exemple, à Fès, on travaille surtout la peau de mouton, à Marrakech, la peau de chèvre et à Rabat, la peau de dromadaire. La peau de vache, moins réputée, est aussi utilisée dans certaines tanneries. Ces tanneries occupent parfois des quartiers entiers (« dabbaghine » en arabe) où l’on produit autant de peaux fines que les maroquiniers peuvent en travailler. Dans ces quartiers spécialisés, les tanneurs travaillent sans relâche et offrent un spectacle unique. L’action du tannage naturel dure plus de trois semaines et passe par les étapes suivantes: les peaux sont tout d’abord lavées puis rincées dans une solution à base de chaux afin de les dégraisser. Elles sont ensuite immergées dans le sel qui joue le rôle d’un conservateur puis dans une solution acide faite par un mélange d’eau et de fiente de pigeon. Ensuite, le tannage des peaux commence par un rinçage chaque matin pendant cinq jours. Les peaux sont plongées dans un mélange artisanal (souvent tenu secret !) assurant leur blanchissement et permettant de les débarrasser de leur forte odeur. Elles sont ensuite trempées dans différents bassins de peinture, en fonction des besoins du marché. Après séchage des peintures, le processus se termine par l’assouplissement et l’adoucissement des peaux colorées.

Les maroquiniers prennent alors la suite. Ces artisans qui ont l’amour de leur métier imaginent sans cesse de nouveaux modèles inspirés par leur riche patrimoine ancestral. Travaillant uniquement à la main, ils réalisent des articles (poufs, babouches...) avec minutie et savoir faire, alliant l’esthétique au fonctionnel.

